{Cinéma} Critique du film Intouchables

Synopsis: A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables.

Très bon film. Voila en substance la première réflexion qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai quitté la séance d’Intouchables.

Pour être tout à fait honnête, je m’attendais pourtant à voir un film traitant des tabous, du regard des gens et de la place des handicapés. Il n’en est rien, Intouchables est une comédie, dont la trame scénaristique le tient 2 heures durant au statut de film, et non de téléfilm façon TF1 comme j’aurai pu le penser en y allant. La différence entre les deux genres étant pour moi liée au moyens de persuasion recherchés pour capter l’attention du public. Si le genre du téléfilm se complait généralement à mettre en avant le pathos -autrement dit capter l’attention par l’émotion et les atermoiements-, Intouchables se démarque efficacement de ces lieux communs notamment par sa qualité d’écriture au niveau des dialogues et des situations rencontrées. Ouf.

Intouchables n’est pas un feuilleton sur le handicap et ses lourdeurs sociétales. Non, Intouchables c’est la rencontre de deux formidables individus aux caractères et aux styles bien affirmés. La maladie elle, est reléguée au statut de simple background et ne vient sur le devant de la scène que pour titiller nos zygomatiques. J’ai ris au cinéma, oui, et même plusieurs fois! Dialogues intelligents et situations plaisantes, on peut rire de tout débarrassés de la pitié et de la gêne.

Duo formidable, avec un François Cluzet admirable comme toujours, et Omar Sy qui a sans aucun doute le niveau pour embrasser une belle carrière cinématographique. De son jeu ressort une personnalité juste et pleine d’énergie. Lors d’une interview il y a quelques jours, je l’ai entendu expliquer que lors de la lecture du script, il se réjouissait à l’avance de jouer certaines scènes: le plaisir se ressent vraiment à l’écran et le film n’en ressort que plus fluide et « réaliste ». Et on en oublie même l’étiquette « Omar & Fred », tant le film ne se limite pas à une succession de saynètes où fusent les vannes 2nd degré! Et pourtant niveau vannes, ça fuse 🙂

Bref, là où un Les Petits Mouchoirs m’avait ému façon Le Péril Jeune, Intouchables m’a séduit façon L’Arnacoeur: un cinéma français frais et bien écrit, admirablement joué et dont on ressort satisfait. Comme un bon bouquin qui est passé trop vite et dont on n’est pas encore vraiment sorti une fois la dernière page refermée.

Ah, et oui, vous pouvez regarder la bande annonce ci-dessous: toutes les bonnes répliques du film ne s’y trouvent pas 😉

 

Intouchables d’Eric Toledano est sorti ce mercredi 2 novembre 2011, et s’est placé comme le film français de l’année ayant réalisé le meilleur lancement. Et ça devrait bien continuer… 🙂