{Billet} Nous ne sommes pas encore assez paranos

On se plaint que notre vie privée est bafouée de toutes parts, principalement mise en danger à cause de ce monstre insatiable qu'on appelle internet. Mais quid de notre responsabilité? Quelles précautions avez vous réellement prises? Autant il suffit de cacher son code secret avec la main au distributeur de billets, autant cela ne protège plus des pirates une fois devant votre clavier d'ordi. En faisant un tour chez la fine équipe d'Owni, j'ai rapidement réalisé à quel point notre curiosité nous trahissait. Vous avez beau prendre des précautions, vous ne pouvez rien -ou presque- contre les données temporaires stockées par vos historiques de navigation. Quoi de plus unique que vos archives de navigation? Car même en l'effaçant à chaque fermeture du navigateur, vous avez passé la journée à surfer sur des dizaines de liens, et bien souvent sur plusieurs dizaines ouverts en même temps. Et vous retournerez grosso-modo sur les mêmes, dès le lendemain…

Consulter, effacer, recommencer… protégés? Adlib

Alors oui, nous ne sommes pas encore assez paranos. Je me souviens du projet Echelon, ce programme américain capable d'écouter les réseaux, au sens propre comme au figuré. Mais finalement, pas besoin de conspiration internationale: de simples widgets permettent d'exploiter vos traces de fabrique, votre empreinte digitale numérique. Plus simplement encore, il est possible de savoir un tas de choses sur vous, ou sur toute personne ayant une activité "sociale" sur internet. Même si quelque part, s'afficher en société(aussi virtuelle soit elle), c'est aussi et surtout accepter d'être reconnu par elle. Par exemple, sortez faire les courses dans votre magasin habituel avec un ami, ou un membre de votre famille. Au fur et à mesure que vous croiserez des personnes que vous connaissez, vous serez capables de donner des détails sur leur vie amoureuse, leur job ou encore l'école où sont scolarisés leurs enfants à la personne qui vous accompagne. Le sport que vous pratiquez, les associations ou les partis politiques dans lesquels vous êtes inscrits, sont autant de "pièces à conviction" de votre identité sociale. Internet c'est pareil. Ce n'est finalement pas ce démon obscur que l'on croyait: il se nourrit juste de ce que vous êtes prêt à lui donner: vous!

J'm'ai fait mal