Critique du film Invictus

Un film, 300 mots, une critique, une bande annonce. Et du spoil aussi!

Qu’avez vous fait ces derniers 365 jours? Métro, boulot, dodo, popo, dans cette ordre plus ou moins précis en fonction du jour de la semaine? A quelques détails près nous en sommes tous là. Et pourtant, c’est le temps suffisant pour des gens comme Woody Allen ou Clint Eastwood pour nous faire un film, de l’écriture à la projection en salles. Invictus succède donc à Gran Torino sorti en mars 2009 (et lui même écrit en 3 semaines). C’est à vous donner des complexes, surtout que le film est excellent. Il relate l’extraordinaire destin de Nelson Mandela, élu président de l’Afrique du Sud en 1994, qui après avoir passé 27 ans dans une cellule minuscule, ressort enfin grâce à l’abolition de l’Apartheid. 27 ans c’est long, alors autant dire que l’homme a eu le temps de réfléchir. Après sa réélection, il va faire en sorte d’unifier son pays meurtri au lieu de vouloir le diviser à nouveau. Il va l’unir grâce au sport « des blancs »: le rugby, en lui conférant une dimension nationale et non plus ethnique. C’est ce pari qui est relaté dans le film, et merveilleusement mené dans le pur style d’Eastwood.

La mise en scène est à la fois simple et personnelle. Les plans sont généralement serrés, et nous avançons au rythme des personnages. Mandiba (surnom donné à Mandela) est charismatique, et nous sentons que chacune de ses décisions sera à la fois la plus dure à faire accepter, et en même temps la plus judicieuse. L’intensité de l’action se déplace au fil du film sur le ballon ovale, unificateur et symbole d’une nation nouvelle qui se construit autour de lui. Plus le film se construit, et plus nous prenons conscience que le personnage principal de l’histoire, c’est lui, et les 42 millions d’africains qui réveillent leur pays. Un film à voir.

Invictus

Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d’opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu’horreur et ombres
Les années s’annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.