Critique du film District 9

Un film, 300 mots, une critique, une bande annonce. Et du spoil aussi!

Je vais vous faire une confession: j'aime beaucoup l'idée d'aller voir un film sans savoir exactement ce qui m'attend, si ce n'est l'espoir d'être surpris, transporté, ému. Voila ma définition de la magie du cinéma. Pour District 9, j'ai donc soigneusement évité d'en savoir trop, si ce n'est que j'avais vu que le film allait parler d'extra-terrestres venus envahir la Terre. En fait, il s'agit bien de petits hommes verts (les crevettes), mais leur vaisseau spatial immobilisé au dessus de Johannesburg prend très vite des allures de tombeau plus que d'un navire de guerre: souffrant de maladies et de malnutrition, ces visiteurs là sont totalement incapables de se battre. Tourné à la manière d'un documentaire, le film nous fait donc découvrir le District 9 le ghetto où sont cloisonnées ces crevettes, errant sans but ni volonté autre que de fouiller inlassablement l'immondice de détritus jonchant le sol de ce bidonville insalubre. C'est à ce moment précis qu'intervient l'anti-héros par excellence, Wikus van de Merwe un bureaucrate désigné d'aller notifier aux extra-terrestres leurs avis d'expulsion. Le décor est planté et fait rapidement intervenir l'intrigue, lorsque Wikus va à son insu s'inoculer de l'ADN de crevettes, et commencer à muter. La chasse à la bestiole devient dès lors une chasse à l'homme. Le point de vue va assez rapidement basculer pour se placer du côté des traqués et l'on se sent bientôt pris de compassion pour les "exilés". L'ambiance du film est remarquable, j'ai vraiment eu le sentiment d'être face à quelque chose de complet et de cohérent: tous les éléments d'une grande saga sont posés, avec une réalisation au top et un rendu extraordinaire. Les détails sont bien pensés, l'action justement dosée, les émotions savamment attisées. Bref, ce genre de magie là est unique et ne se ressent que devant du grand cinéma.